On a testé le tout nouveau Musée des Beaux-Arts de Besançon (25)
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Musée beaux arts Besançon © Creative commons - Arnaud 25
  • Description
  • Lieu & Horaires
  • Tarifs
  • Le 16 novembre 2018, le Président de la République a inauguré le tout nouveau musée des Beaux-arts et d’Archéologie de Besançon. 22 mois de rénovation auront été nécessaires pour transformer l’un des plus anciens musées de France en une institution capable de répondre aux attentes de ce nouveau millénaire. Plein phare sur un établissement de province qui n’a rien à envier à ses cousins parisiens.

    L’Histoire du Musée

    Avant de parler de la naissance précoce du musée, attardons-nous sur l’histoire de Besançon. Occupée dès la préhistoire, la ville est mentionnée pour la première fois dans les Commentaires de la Guerre des Gaules de Jules César sous le nom de Vesontio. Après une époque gallo-romaine riche, la localité est reléguée au second plan durant le Moyen-Âge, au profit de Dole. 

    Territoire des Ducs de Bourgogne, Besançon se retrouve à la mort de Charles le Téméraire propriété de l’Empire germanique. 

    1519, Nicolas Perrenot de Granvelle, avocat bisontin, devient l’homme de confiance de Charles Quint. Il sera rapidement nommé chancelier puis garde des Sceaux du suzerain. Sur les conseils de Granvelle, l’Empereur mise sur la position stratégique de Besançon, au carrefour entre l’Empire germanique, les Pays-Bas espagnols, l’Italie, la Suisse et le Royaume de France. Des travaux de fortifications et d’aménagement sont lancés et la cité devient ainsi la 5èmede l’Empire. Nicolas de Gravelle profitera, quant à lui, de sa position pour collectionner des œuvres d’artistes prestigieux. 

    En 1678, les traités de Nimègue rattachent Besançon au royaume de France. Louis XIV confie à Vauban la réalisation d’un nouveau système de défense, une citadelle, encore visitable de nos jours.

    En 1694, l’abbé Boisot lègue sa collection (dont des pièces provenaient de la collection de Granvelle) à un couvent, à condition que les œuvres soient accessibles au public deux fois par semaine. Le musée des Beaux-Arts est né. 

    Rapidement, ce premier noyau muséal est enrichi, et le couvent devient inadéquat pour accueillir du public. En 1843, la ville décide d’installer la collection à l’étage de la nouvelle halle à grains. 5 ans plus tard, en 1849, des pièces archéologiques locales s’installent au rez-de-chaussée de l’établissement. Le Musée occupe désormais toute la halle à grains.

    A partir du XIXe siècle, 3 donations majeures viendront compléter les collections bisontines : celle de Pierre-Adrien Pâris, architecte du roi, en 1819 ; Jean Gigoux, dessinateur en 1894 et George Besson, critique d’art en 1960. Le bâtiment est une nouvelle fois à l’étroit, et un chantier de réaménagement est lancé entre 1967 et 1970 par un ancien élève de Le Corbusier, Louis Miquel, qui fait le pari d’intégrer une structure en béton à l’intérieur de l’ancienne halle.

    En 2015, le musée tire de nouveau sa révérence pour subir une nouvelle rénovation, qui permettra à ses espaces d’exposition de gagner en surface mais aussi en cohérence.

    Aujourd’hui, le musée propose une des visites les plus riches de France dans l’Histoire de l’Art européen.

    Venir au musée

    Le musée est installé entre le centre historique et la gare Besançon Viotte, sur la place de la Révolution. Depuis la gare, un tramway vous déposera aux portes de l’Institution, arrêt Révolution.

    Si vous venez en voiture, il vous faudra suivre les panneaux indiquant Halle Beaux-Arts. A noter qu’il est difficile de se garer à Besançon. De plus, la rue Elisée Cusenier, qui conduit au Musée est en partie réservée aux riverains. Une fois engagé dans cette rue, vous ne pourrez plus faire demi-tour et vous n’aurez pas d’autres choix que de pénétrer dans le parking couvert (et payant). 

    Le musée rénové

    Après un réaménagement des collections, puis la création d’une structure en béton très novatrice, cette dernière rénovation s’est axée sur l’épuration du parcours. Les salles ont gagné en luminosité et les vitrines ont été réorganisées pour offrir une lecture plus complète et plus évidente aux visiteurs. 

    Musée des Beaux-Arts de Besançon, rénovation, ouverture, blog cultureAncienne configuration d’une vitrine © Creative commons - Arnaud 25

    Musée des Beaux-Arts de Besançon, rénovation, ouverture, blog cultureNouvelle vitrine épurée

    Musée des Beaux-Arts de Besançon, rénovation, ouverture, blog cultureL’ancienne configuration du parcours archéologie © Creative commons - Arnaud 25

    Musée des Beaux-Arts de Besançon, rénovation, ouverture, blog cultureNouvelle configuration

    Les cordons de sécurité ont été retirés et chaque visiteur est désormais libre de s’approcher ou de s’éloigner des œuvres pour en saisir toutes les nuances. 

    Musée des Beaux-Arts de Besançon, rénovation, ouverture, blog cultureSalle des Beaux-Arts du XIXe siècle

    La structure en béton devient la pièce centrale de ce musée. Elle sublime l’ancien édifice, souligne le parcours mais joue également son rôle initial de labyrinthe qui fait perdre le visiteur dans ce dédale artistique.

    Musée des Beaux-Arts de Besançon, rénovation, ouverture, blog cultureVue sur une salle des sculptures avec à droite la rampe de béton

    Musée des Beaux-Arts de Besançon, rénovation, ouverture, blog cultureTriptyque de Notre-Dame des sept-Douleurs, commandé par Granvelle vers 1530

    Salle des Portraits du XVIIIe siècle

    Pour ancrer le musée dans l’aire moderne, des œuvres contemporaines ont été ajoutées dans chaque salle du musée. Le lien entre passé et présent est fait.

    Musée des Beaux-Arts de Besançon, rénovation, ouverture, blog cultureLe Pied, Maura Corda, 2005

    Musée des Beaux-Arts de Besançon, rénovation, ouverture, blog cultureCorps dénudé face aux oeuvres de la section Faire pénitence

    Enfin, et surtout, ce nouveau parcours surprend véritablement car il réussit à mettre en valeur l’incroyable collection de chefs-d’œuvre du musée, dont les pièces sont toutes plus saisissantes les unes que les autres.

    Musée des Beaux-Arts de Besançon, rénovation, ouverture, blog cultureTaureau d’Avrigney, Ier siècle après J.C.

    Musée des Beaux-Arts de Besançon, rénovation, ouverture, blog cultureNymphe à la source, Lucas Cranach, vers 1537

    Un musée totalement réinventé qui inscrit le lieu dans l’histoire de l’Histoire de l’art européen.

    Mon avis

    Lors de notre visite, j’ai été surprise des avis diamétralement opposés des visiteurs. Deux petites mamies étaient ravies que leur musée mette avant des « objets qui venaient d’ici », alors qu’un couple était scandalisé que les œuvres ne soient pas protégées.

    Mais un musée qui divise, c’est un musée qui joue son rôle de lieu d’échange, de critique et d’émerveillement. 

    Longue vie à ce nouveau musée des Beaux-Arts de Besançon!



    http://www.mbaa.besancon.fr/le-musee/histoire/

  • Horaires

    En saison basse (du 1er novembre au 31 mars) :  lundi, mercredi, jeudi, vendredi, de 14h à 18h

    En saison haute, du 1er avril au 30 octobre) : lundi, mercredi, jeudi, vendredi, de 10h à 12h30 et de 14h à 18h

    Toute l’année : samedi, dimanche, de 10h à 18h

    Fermé le mardi 

    Fermé le 1er janvier, 1er mai, 1er novembre, 25 décembre

  • Billet couplé musée des beaux-arts et d’archéologie, musée du Temps et Maison natale Victor Hugo

    Plein tarif : 8€

    Tarif Grand Bisontin : 6€

    Tarif réduit (4€) et entrée gratuite sous certaines conditions (Renseignements à l’accueil du musée ou au 03 81 87 80 67).

    Entrée gratuite le 1er dimanche de chaque mois, lors des nocturnes et des manifestations nationales

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