​On a testé le musée et le site de Bibracte (71/58)
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  • Description
  • Lieu & Horaires
  • Tarifs
  • Situé dans le Morvan, à cheval sur les départements de la Saône-et-Loire et de la Nièvre, Bibracte est une référence dans le monde culturel. Centre européen, le lieu doit en partie sa réputation à trois grands hommes : Jules César, Napoléon III et François Mitterrand. A la pointe de la recherche archéologique, l’ancien oppidum est également remarquable de par son musée, qui balaye en deux étages l’image d’Epinal des Gaulois.

    Promenade dans les bois gaulois du Morvan.


    Ce qu’il faut savoir

    Le site archéologique correspond à la période gauloise et les recherches ont permis de mieux connaître ce peuple sur lequel circule encore trop d’idées reçues.

    Pour tout savoir sur les Gaulois

    Bibracte est un oppidum, c’est-à-dire une plate-forme fortifiée, entourée d’une enceinte, un Murus Gallicus, dans laquelle s’organise une ville avec différents quartiers (religieux et commercial, résidentiel et artisanal). La ville, qui est la capitale des Eduens, naît au IIe siècle avant J.C., puis connaît un fort développement au cours du Ier siècle, avec le développement de plusieurs habitations gauloises mais aussi romaines. A son apogée, l’oppidum fait 200 ha et compterait 10 000 habitants.

    Dès leur installation à Bibracte, au IIe siècle, les Eduens passent une alliance avec Rome et sont reconnus comme Frères de la République. Grands rivaux des Arvennes, regroupés autour de l’oppidum de Gergovie, les Eduens encourageront l’intervention des Romains en Gaule, conduisant indirectement à la Guerre des Gaules (58/51). Rejoignant tardivement la coalition de Vercingétorix, ils ne subiront pas de fortes répressions et retrouveront leur statut d’alliés de Rome. Jules César y séjourne d’ailleurs lors de l’hiver 52/51 pour y rédiger ses Commentaires sur la Guerre des Gaules. L’oppidum est abandonné au cours du Ier siècle, au profit de la ville d’Autun, plus fonctionnelle car bâtie sur les principes d’urbanisme romain. Le lieu tombe alors dans l’oubli jusqu’à sa découverte au XIXe siècle.

    Grâce aux descriptions de Jules César dans sa Guerre des Gaules, les savants du XIXe siècle, pour qui l’ouvrage reste une référence, connaissent l’existence de l’oppidum. L’ancienne place-forte gauloise est située dès le XVIIIe siècle à Autun, et après la Révolution, la ville sera rebaptisée temporairement Bibracte. En 1851, Jacques Gabriel Bulliot, un négociant en vin membre de la Société éduenne, commence des recherches sur le christianisme dans le monde éduen. Il s’intéresse à la chapelle Saint Martin sur le Mont Beuvray et devant les vestiges découverts, se persuade que Bibracte n’est pas à Autun mais bien sur le Mont. Il questionne alors les habitants, contrôlent les objets découverts par les agriculteurs et décide de rapporter de sa découverte dans un essai. La société d’archéologie ignore cet argumentaire mais la théorie arrive jusqu’à Napoléon III. L’empereur est fasciné par le passé de la France, et notamment les batailles de la Guerre des Gaules, et lance de grands chantiers de fouille dans tout le pays. Napoléon envoie un de ces officiers, Stoffel, auprès de Bulliot. Celui-ci écoute à peine les explications du passionné mais propose de faire des sondages sur le site. Parallèlement, le propriétaire des terrains, le vicomte d’Aboville, tente de convaincre la Société d’archéologie. En 1867, Napoléon III alloue un fond permettant à Bulliot de mener de véritables fouilles archéologiques. Pendant 8 années, les découvertes s’enchaînent et la communauté scientifique reconnaît l’emplacement de l’oppidum sur le Mont Beuvray. Napoléon versera une seconde allocation pour l’étude des oppida en Europe, permettant à Joseph Déchelette, le neveu de Bulliot, de compiler un ensemble de données à une échelle plus grande. Aujourd’hui, le site de Bibracte reste un centre européen.

    Les fouilles à Bibracte s’interrompent en 1907, 5 ans après le décès de Bulliot. Dechelette meurt lors de la Première Guerre et Bibracte retombe dans l’oubli jusqu’en 1984. Grâce à François Mitterrand, ancien sénateur et député de la Nièvre, qui connaît le site archéologique et relance les fouilles sur l’oppidum, les recherches reprennent. Déclaré d’intérêt national en 1985, Bibracte profite d’une nouvelle subvention. Le site reprend également sa spécificité européenne en accueillant des équipes et des spécialistes de différents pays de l’UE.

    Le musée de la Civilisation celtique ouvre ses portes en 1994 avec pour objectifs de réhabiliter la population gauloise, présentant ainsi une collection variée en provenance de différents oppida.


    Préparer sa visite

    Le site de Bibracte se compose de deux éléments : le musée, ouvert de mi-mars à début novembre, et les fouilles archéologiques, en extérieur et accessible toute l’année.

    Ces dernières sont gratuites et accessibles en voiture ou à pied (attention, çà monte beaucoup). En juillet et août, la circulation motorisée est interdite, mais une navette est à la disposition des visiteurs. La visite des extérieurs peut se faire avec un guide, avec plusieurs horaires de départ depuis le musée. Enfin, l’ensemble du site présente des tableaux bilingues (français/anglais). Le musée est accessible aux personnes à mobilité réduite. Pour la zone archéologique, les choses sont un peu plus complexes car le lieu est en pleine nature. Il est cependant possible de s’approcher au plus près des éléments en voiture.

    Le Mont Beuvray est un peu reculé, mais le réseau téléphonique marche parfaitement. Evidemment, l’idéal est de visiter le lieu un jour non pluvieux, en optant pour des chaussures fermées ou plates et des vêtements chauds. Les chiens sont autorisés en laisse dans les extérieurs.

    Il faut compter une petite journée pour faire le musée et le site. L’idéal est de faire le musée le matin (car l’accès aux fouilles est à sens unique et la route débouche 2 km plus bas, obligeant à revenir au musée) et le site l’après-midi. Des audioguides sont à votre disposition pour visiter le musée, et les explications sont courtes et efficaces.

    Pour les repas, vous avez à votre disposition des tables de pique-niques près de la zone de fouille ou le restaurant/auberge du musée, le Chaudron Gaulois. Ce dernier n’est pas ouvert toute l’année. Il propose des repas mais également un menu « gaulois » compris dans la Journée gauloise. Attention, le repas se prend sans fourchette.

    Bibracte, forêt du Morvan, Mont Beuvray

    Bibracte, forêt du Morvan, Mont Beuvray


    Venir à Bibracte

    Difficile de venir sur l’oppidum sans voiture. Il existe des trains et des bus, détaillés sur le site de Bibracte, et il est possible d’opter pour le covoiturage.

    Si vous prenez la voiture, il est conseillé de rentrer « Bibracte » comme destination sur le GPS. Malheureusement, le notre ne connaissait pas le lieu, et après avoir tenter Beuvray, nous avons pu sélectionner Glux-en-Glenne. Si vous n’avez pas de GPS et que vous passez par Autun, la direction est Porte de l’Arroux ou Grand Folin. Le site est ensuite bien indiqué.

    Le site internet de Bibracte répertorie également une large sélection d’hébergements pour mieux découvrir la région.

      

    Le musée

    Le musée se divise en deux parties : à l’étage, il dresse le portait des habitants de l’Europe des oppida et au rez-de-chaussée, le lieu se concentre sur Bibracte et la transition entre gaulois et gallo-romain.

    Bibracte, forêt du Morvan, Mont Beuvray

    La visite peut se faire avec un audioguide, que l’on flashe devant les marques au sol. Les panneaux sont bilingues, très accessibles et enrichis par des schémas ou des photos. La présentation des collections est complétée par des films et des outils numériques. Enfin, le lieu analyse en parallèle les méthodes scientifiques qui permettent d’avoir une démarche archéologique, en reliant l’objet à l’hypothèse.

    Bibracte, forêt du Morvan, Mont Beuvray

    Le musée possède peu de collections issues des fouilles archéologiques, et doit sa richesse à de nombreux prêts qui permettent de balayer l’ensemble des spécificités du monde gaulois. Il présente de nombreuses cartes, dont de nombreuses comparaisons avec les autres oppida et les autres civilisations, des livres, des maquettes, des objets du quotidien ou de prestige.

    Bibracte, forêt du Morvan, Mont Beuvray

    Bibracte, forêt du Morvan, Mont Beuvray

    Bibracte, forêt du Morvan, Mont Beuvray

    Bibracte, forêt du Morvan, Mont Beuvray

    Bibracte, forêt du Morvan, Mont Beuvray

    Bibracte, forêt du Morvan, Mont Beuvray

    Bibracte, forêt du Morvan, Mont Beuvray

    Le lieu est très pédagogique notamment grâce à des objets éclatés et des maquettes pour comprendre les étapes de construction. Il fait également référence à la proportion des objets retrouvés en fouille dans quelques vitrines.

    Entre les deux étages, le musée offre la possibilité de sortir sur la terrasse, pour admirer le paysage. Une fontaine est installée en contre-bas. Elle renvoie aux quatre éléments : le feu et l’eau de l’installation s’opposent à la terre et l’air de la nature.

    Bibracte, forêt du Morvan, Mont Beuvray

    Bibracte, forêt du Morvan, Mont Beuvray

    Les espaces sont grands, lumineux et le temps semble suspendu même à l’extérieur du bâtiment. On a en effet le sentiment, quand on sort du musée, de ne pas avoir quitté les gaulois grâce à cet environnement magique et déconcertant.

    Bibracte, forêt du Morvan, Mont Beuvray

     

    Le site archéologique

    Après la visite du musée, il est temps de poursuivre la découverte avec les vestiges archéologiques. Un plan est donné à l’entrée, moyennant une entrée payante bien sûr, pour signaler les lieux et les arrêts minutes en voiture. Après la porte du Rebout et la zone du simulateur de fouille, on accède au parking sur le sommet de l’oppidum, près de la borne installée pour commémorer l’histoire de l’oppidum et de ses protagonistes. 

    Bibracte, forêt du Morvan, Mont Beuvray

    Bibracte, forêt du Morvan, Mont Beuvray

    Bibracte, forêt du Morvan, Mont Beuvray

    Le panorama offre une vue incroyable sur le versant du Mont Beuvray, laissant entrevoir les motivations des celtes quant à des cités en hauteur.

    Bibracte, forêt du Morvan, Mont Beuvray

    L’autre spectacle, c’est la forêt, avec ses arbres couverts de mousse et son sol rouge qui nous transporte au-delà du temps. Les formes des hêtres laissent place à toutes les fantaisies photographiques, auxquelles on se succombe quelque soit son âge.

    Bibracte, forêt du Morvan, Mont Beuvray

    Bibracte, forêt du Morvan, Mont Beuvray


    Et au fond de la forêt apparaît des ruines archéologiques et une petite demeure, l’Hôtel des Gaules, construit par Bulliot et dans lequel on retrouve des panneaux rapportant l’histoire des fouilles. Devant, la demeure au toit de paille se dresse le Parc des chevaux, avec sa villa romaine tout confort, symbolisant l’acculturation progressive des gaulois en gallo-romains et le déclin de Bibracte. D’autres vestiges sont visibles plus loin dans les bois, et il est également possible de faire des randonnées, indiquées au Niveau de la Porte du Rebout.

    Bibracte, forêt du Morvan, Mont Beuvray

    Bibracte, forêt du Morvan, Mont Beuvray

    Bibracte, forêt du Morvan, Mont Beuvray

    On quitte ensuite le lieu, un peu perturbé, même si la descente nous laisse le temps de revenir doucement à la réalité.

    Bibracte, forêt du Morvan, Mont Beuvray

    Mon avis

    Plus que de rétablir la vérité sur les gauloises, le site de Bibracte permet de comprendre le monde de l’archéologie de façon ludique et efficace. Les explications peuvent paraître des détails sans grand lien avec l’oppidum, mais en réalité, elles introduisent à la réflexion et accompagne le visiteur dans la découverte des celtes. Une petite bulle de pédagogie au milieu de la nature, pour retrouver nos racines gauloises. A faire en famille, avec les enfants ou entre amis.




    Sources

    http://www.bibracte.fr

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Bibracte

    Bibracte, une ville entre deux monde, Nouvelle Imprimerie Laballery, 2017

  • Horaires

    Pour le musée en 2016, du 12 mars au 13 novembre, tous les jours, de 10 h à 18 h 

    En juillet et août, jusqu’à 19h et les mercredis jusqu'à 22h.

    Pour le site archéologique, accès toute l'année, à pied aux heures d'ouverture du musée en juillet/août. Navettes toutes les 20min en juillet/août, départ du parking.

  • Tarif plein : 7,5€

    Tarif réduit : 5,5

    Plus de tarifs, condition réduits et gratuité et journées à thème ici

    Site archéologique

    Gratuit pour tous